L’art du Brainstorming selon IDEO

Dans le livre The Art of Innovation (2001), Tom Kelley décrit (p.55-66) les principes de brainstorming pratiqués par l’agence IDEO.

Sur la durée:

Sixty minutes seems to be the optimum length, in our experience, though occasionally a brainstorm can productively stretch to an hour and a half. The level of physical and mental energy required for a brainstorm is hard to sustain much longer than that.

Seven secrets for better brainstorming

Tom Kelley décrit ainsi les “Seven secrets for better brainstorming”:

  1. Sharpen the Focus. L’objectif, le brief du brainstorming est important. Il ne doit pas être trop vague. Il doit impliquer les participants, offrir le bon degré de spécificité, sans limiter les réponses. Si la session débute sans direction claire, utiliser les premières minutes pour déveloper un bon “problem statement” constitue du temps bien investi.
  2. Playful Rules. Les règles du brainstorming incluent: ne pas critiquer, ne pas débattre les idées, viser la quantité, encourager les idées folles.
  3. Number your ideas. C’est une manière de se motiver (“allons jusqu’à 100 idées”), et de référer à d’autres idées. Atteindre 100 idées en 1h est un bon indicateur. À 150/h, on est proche du maximum.
  4. Build and jump. Un brainstorming connaît des fluctuations d’énergie. L’animatrice doit veiller à maintenir un haut niveau, éviter les temps morts. Quand l’énergie faiblit, elle peut utiliser ces techniques: “building on an idea”, pousser au développement d’une idée proposée, creuser. Ou alors, “take a jump”: transitionner le groupe d’une proposition vers une idée alternative.
  5. The space remembers. Il faut pouvoir écrire sur des surfaces, capturer les idées, pour que le groupe puisse voir la progression, et revenir vers des idées qui méritent un approfondissement. “Cover virtually every wall and flat surface with paper before the session starts”. Si on utilise tout l’espace d’une pièce: la mémoire spatiale permet de s’orienter entre les idées.
  6. Stretch your mental muscles. Il est utile de faire un exercice de “warm-up” (p.ex. “a fast-paced word game”), pour mettre les participants dans le bon état d’esprit.
  7. Get physical. Un brainstorming peut être visuel (“sketching, mind mapping, diagrams, stick figures”), ou physique (création de modèles avec des “blocks, foam core, tubing, duct tape…”). Ou se transformer en “bodystorming”, en mimant physiquement des activités.

Les pièges à éviter

Kelley met aussi en garde contre les erreurs à éviter (Six ways to kill a brainstormer):

  1. The boss gets to speak first. Si le “boss” démarre le brainstorming, il va imposer son autorité, ce qui empêche une véritable libération des idées.
  2. Everybody gets a turn. Quand on fait le tour des participants et que chacun parle pendant 2 minutes, c’est une réunion, pas un brainstorming!
  3. Experts only please
  4. Do it off-site. Inutile d’aller dans un endroit “spécial”, mieux vaut utiliser l’environnement de travail quotidien.
  5. No silly stuff
  6. Write down everything. Il ne faut pas exagérer la prise de notes.